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Les Little Sisters ne sont pas plus gentilles que Big Brother” Yann Padova, Secrétaire Général de la CNIL, dans Le Monde.

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Archive pour la catégorie‘LPRPDÉ’

26 aoû 2010

Ne crachez pas sans réfléchir


La décision de se soumettre à des tests génétiques est souvent motivée par des raisons personnelles ou par une inquiétude sérieuse d’ordre médical, tels que des antécédents familiaux ou des maladies héréditaires. Traditionnellement, de tels tests étaient effectués dans un cadre médical par des professionnels de la santé, y compris des conseillers en génétique, qui expliquent les enjeux scientifiques et éthiques associés à ces test et aident les patients à interpréter les résultats.

Les test génétiques offerts directement aux consommateurs permettent à ces derniers, moyennant le simple effort d’envoyer par la poste un échantillon biologique, comme de la salive, de faire analyser leur ADN par des entreprises qui leur promettent de les aviser de tout risque relatif à une maladie en particulier.

Certains avancent que ces services offerts directement aux consommateurs facilitent l’accès aux test génétiques et améliorent la confidentialité des résultats, puisqu’ils ne sont pas nécessairement versés aux dossiers de santé officiels. Par contre, la fiabilité et la portée des résultats pourraient ne pas correspondre aux allégations des entreprises. Sur le plan de la protection de la vie privée, faire parvenir des renseignements personnels aussi sensibles qu’un échantillon d’ADN à des compagnies qui, à ce jour, demeurent largement non réglementées entraîne une myriade de risques. En milieu de soins de santé, la confidentialité des renseignements personnels et la sécurité des échantillons sont sujettes à un contrôle rigoureux. Sur Internet, c’est une toute autre histoire. Comment les entreprises assurent-elles la sécurité des échantillons et des résultats des tests ? Les renseignements sont-ils communiqués à des tiers ? Certaines entreprises rendent les renseignements « dépersonnalisés » accessibles à des tiers à des fins de recherche – mais peut-on faire confiance à cette « dépersonnalisation » ? Et qu’arrive-t-il aux renseignements personnels si l’entreprise est vendue ou ferme les portes ?

Récemment,  le débat sur les services génétiques offerts directement aux consommateurs s’est intensifié : aux Etats-Unis, la FDA (Food and Drug Administration) s’est penchée sur la disponibilité croissante de ces services et sur l’éventuelle nécessité de les réglementer. Au Royaume-Uni, la HGC (Human Genetics Commission) vient de publier des directives facultatives à l’intention des entreprises qui offrent ces services, incluant des lignes directrices sur la protection des données et sur le consentement, indiquant que « Le consentement éclairé n’est possible que si le consommateur reçoit suffisamment d’information pertinente sur les tests génétiques pour lui permettre de comprendre les risques, les avantages, les limites et les implications (y compris celles relatives à l’achat de produits d’assurance) associés à ces tests génétiques » [Traduction]. Dans le plus grand intérêt du consentement éclairé, la FTC (Federal Trade Commission) conseille aux consommateurs de consulter la politique de confidentialité des entreprises électroniques pour connaître les utilisations qu’elles prévoient faire des renseignements personnels et pour savoir si elles les transmettent à des spécialistes du marketing.

Au Canada, en 2008, le Conseil général de l’Association médicale canadienne (AMC) a adopté une résolution afin que l’AMC élabore une politique visant à fournir des conseils concernant la mise sur pied d’un système national chargé de la surveillance et de l’organisation des tests génétiques ainsi que de l’accès à ceux-ci. En mai 2010, l’AMC présentait un Cadre de réglementation national des teste génétiques offerts directement aux consommateurs[1] à titre d’outil pour mettre en lumière les enjeux relatifs à ces services.

De plus, dans le cadre d’une récente étude financée par le CPVP, les chercheurs du Health Law Institute de l’Université de l’Alberta ont analysé 32 politiques de confidentialité d’entreprises offrant des test génétiques directement au consommateurs, en les comparant aux principes relatifs à l’équité dans le traitement des renseignements qui sous-tendent la LPRPDE,la loi canadienne en matière de protection de la vie privée régissant le secteur privé. Des 32 sites Web étudiés, moins de la moitié affichaient une politique de confidentialité abordant le traitement des échantillons biologiques et des résultats des tests génétiques.

En guise de conclusion, le rapport présentait une liste de questions relatives à la protection de la vie privée que les consommateurs devraient se poser avant d’acheter des services de dépistage génétique en ligne. « Les consommateurs qui souhaitent obtenir des réponses à leurs questions — en examinant attentivement les politiques de protection sur la vie privée des entreprises et en communiquant directement avec les entreprises — pourront faire un choix plus éclairé quant à l’envoi de leurs renseignements personnels et d’échantillons génétiques à une entreprise. »

Bien sûr, il est tentant de satisfaire à sa curiosité concernant d’éventuels risques en matière de santé — mais les consommateurs doivent être conscients qu’ils pourraient en tirer plus — et moins — que ce à quoi ils s’attendaient.


12 aoû 2010

Badges? Badges? On n’en veut pas de vos badges!


Rabais de fidélité, le pouvoir de recommandation, heureuses rencontres avec des amis et des collègues, badges de reconnaissance et harcèlement criminel. Je crois qu’il s’agit d’un assez bon résumé des commentaires sur la croissance des outils et des services géodépendants.

L’emplacement n’est qu’un des renseignements qui peuvent être obtenus d’un téléphone intelligent, mais il s’agit probablement du plus pertinent pour un mercaticien qui désire envoyer des messages adaptés au contexte du consommateur en déplacement. C’est également une source de données très utile pour le spécialiste des sciences sociales qui tente de mesurer le flux migratoire humain et les progrès socioéconomiques. C’est notamment le cas de Nathan Eagle et de ses recherches sur le bidonville de Kibera à Nairobi, au Kenya.

Entre juin 2008 et juin 2009, Eagle et sa partenaire de recherche ont examiné les appels effectués par des téléphones sans fil au Kenya (l’identité des usagers étant remplacée par une identité hachée unique) afin de cibler les appels qui provenaient ou aboutissaient à Kibera. Durant leur recherche, ils ont suivi entre 53 000 et 74 000 appels par mois pour un total de 18 000 utilisateurs au cours de l’année.

Qu’ont révélé ces données sur les usagers de téléphones sans fil?
[traduction] « Pour chaque appel, nous pouvons déduire un certain nombre de caractéristiques individuelles comme :

  • des données spatiales (d’après l’emplacement de la station cellulaire qui transmettait l’appel);
  • des données économiques (la durée moyenne de chaque appel, le nombre de minutes prépayées sur un téléphone, le type de téléphone);
  • l’affiliation régionale ou tribale d’une personne;
  • le rayon de migration de groupes de personnes (d’après la distance entre les stations cellulaires d’où les appels étaient effectués). »

Une première conclusion de cette recherche est que les Kényans ne restent en moyenne que 1,559 mois dans le bidonville de Kibera. Ce taux élevé de mouvement et de roulement de la population [traduction] « soutient la théorie selon laquelle les bidonvilles agissent comme un filtre et non comme un puits, puisqu’on observe un flux important de la population du bidonville. »

Amy Wesolowski, Nathan Eagle, Parameterizing the Dynamics of Slums,  [en anglais seulement]

Les travaux d’Eagle au Kenya sont la suite d’un projet de recherche initialement mené au MIT, durant lequel on a fourni un téléphone sans fil pour 265 jours à 100 étudiants. Les téléphones étaient équipés d’un logiciel de sondage personnalisé qui enregistrait des données et posait des questions à l’étudiant dans des situations précises.

Quelle quantité de données a-t-on recueillie?

[traduction] « Nous avons recueilli 370 mégaoctets de données brutes, incluant de courts enregistrements de 667 appels, 56 000 déplacements, 10 000 activations de téléphone, 560 000 interactions avec notre logiciel, 29 000 enregistrements d’appareils à proximité et 5 000 messages instantanés. »

Heureusement, du point de vue d’un défenseur de la protection des renseignements personnels, les chercheurs ont dû composer avec (quelques) faiblesses dans leurs ensembles de données – lorsque le participant n’amenait pas son téléphone avec lui, qu’il fermait volontairement son téléphone ou qu’il ne s’en préoccupait tout simplement pas. J’aimerais croire qu’on a consciemment cherché à exercer un contrôle sur la collecte d’informations, mais ce n’était probablement que lié à la fatigue ou à l’étourderie.

Il y avait une différence majeure entre les deux projets : l’engagement actif et la reconnaissance des participants. À Cambridge, les étudiants participants étaient renseignés sur le processus de collecte des données ainsi que sur les renseignements qui seraient recueillis et devaient remplir un formulaire de consentement (.pdf).

M. Raento, A. Oulasvirta, N. Eagle, Smartphones: An Emerging Tool for Social Scientists, Sociological Methods Research 37:3, 426-454.  [en anglais seulement]

Il s’agit d’un facteur important de la collecte de données d’emplacement, particulièrement lorsqu’il est associé à d’autres renseignements personnels : les gens veulent savoir ce qui se passe avec leurs renseignements et veulent avoir un mot à dire quant à leur utilisation.

Un récent examen exhaustif des 89 services de localisation alors existants (peut-on vraiment arriver à les suivre?) par des chercheurs de la Carnegie Mellon University a indiqué que [traduction] « la volonté de faire connaître son emplacement et le niveau de détails communiqués dépend de qui demande ces informations (ou si l’on connaît le demandeur) et du contexte social de la demande ».

Des entrevues supplémentaires ont confirmé que les utilisateurs potentiels avaient en tête des scénarios spécifiques lorsqu’ils évaluaient les avantages et les risques de ces services : des scénarios dont la meilleure solution serait des mesures, des règles et des conditions de protection des renseignements personnels plus détaillées (ceci est expliqué davantage dans le document), comme :

  • des listes noires;
  • des règles « seulement mes amis »;
  • une granularité des contrôles;
  • des règles en fonction des groupes;
  • un état « invisible »;
  • des règles en fonction de l’emplacement;
  • des permissions réseau;
  • des permissions sur demande;
  • des règles en fonction de l’heure;
  • des approbations avec échéance;
  • aucune restriction.

Janice Y. Tsai, Patrick Gage Kelley, Lorrie Faith Cranor, Norman Sadeh, Location-Sharing Technologies: Privacy Risks and Controls [en anglais seulement]

Évidemment, il existe des écarts importants sur la façon dont les renseignements personnels sont protégés lorsque l’information est recueillie et analysée dans le cadre de projets de recherche de grande envergure, de recherches de plus petite envergure ou de services commerciaux en ligne.


21 jul 2010

Vous êtes ici!


Savez-vous comment sont utilisées vos données de localisation? Dans le cadre d’un récent sondage commandé par Webroot, une entreprise de sécurité, 1 645 réseauteurs sociaux des États-Unis et du Royaume-Uni possédant un appareil mobile muni d’un dispositif de localisation ont été questionnés sur leur utilisation de services et d’outils géodépendants. Trente-neuf pour cent des répondants ont indiqué recourir au système de géolocalisation de leur appareil mobile et plus de la moitié d’entre eux (55 pour cent) se disent inquiets qu’on porte atteinte à leur vie privée.

Quelques préoccupations relatives à la sécurité et à la protection de la vie privée : 49 pour cent des femmes (contre 32 pour cent des hommes) sont très inquiètes à l’idée qu’un harceleur criminel sache où elles se trouvent, et près de la moitié (45 pour cent) des répondants sont très inquiets à l’idée qu’un cambrioleur sache quand ils s’absentent de la maison (un risque véritable, comme l’a si bien souligné Pleaserobme.com).

La popularité croissante des outils et services de géolocalisation (y compris ceux offerts par les géants de l’industrie, comme Twitter, Apple, Facebook et Google), signifie que la collecte de données de localisation se déroule à une échelle colossale, et on commence à peine à découvrir toutes les utilisations possibles de cette information — des photos prises d’un iPhone, marquées de coordonnées GPS aux plateformes de jeux géodépendantes telles que  Scvngr, qui permettent aux utilisateurs d’appareils mobiles de créer leurs propres jeux géolocalisés.

L’accroissement de la collecte et de l’utilisation de données de localisation entraîne des risques particuliers pour les utilisateurs. Selon le résumé du sondage, un nombre surprenant de répondants se sont adonnés à certains comportements, comme échanger des données de localisation avec des personnes autres que leurs ami(e)s, une pratique à risque pour eux-mêmes et pour la protection de leur vie privée. Récemment, une blogueuse a traité d’une mésaventure liée à l’échange de données de localisation, et il y a quelques semaines, Foursquare a été réprouvé pour fuite involontaire de données par le truchement de leur populaire service géodépendant.

Nous avons récemment soumis nos observations à Industrie Canada dans le cadre de la consultation sur la Stratégie sur l’économie numérique. Nous faisions valoir que de bonnes pratiques en matière de protection de la vie privée peuvent soutenir l’innovation en renforçant chez les utilisateurs l’idée qu’ils ont le droit de contrôler leurs renseignements personnels et que la technologie qu’ils utilisent est sécuritaire. Quand il est question de données de localisation, les préoccupations usuelles abondent et ce, chaque fois qu’un nouveau service fait son apparition sur le marché. Nous employons une grande part de notre temps à conscientiser les  consommateurs aux risques. Si on tenait compte des préoccupations relatives à la protection de la vie privée et aux données de localisation à l’étape de conception des nouveaux services, les entreprises seraient plus en mesure d’éviter de rectifier le tir a posteriori, une situation souvent coûteuse au plan financier et pour la réputation de l’entreprise. D’ailleurs, les entreprises qui se soucient de la protection de la vie privée se dotent d’un avantage concurrentiel considérable.


20 avr 2010

Et tu, Google?


Tard dans la journée d’hier, la commissaire à la protection de la vie privée du Canada ainsi que les autorités de protection des données de l’Allemagne, de l’Espagne, de la France, de l’Irlande, d’Israël, de l’Italie, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni ont envoyé une lettre au chef de la direction de Google, Eric Schmidt, pour lui faire part de leurs préoccupations liées à Google Buzz.

Est-ce que nous faisons preuve d’acharnement contre Google? Les pratiques de protection de la vie privée que nous mentionnons dans la lettre ne sont pas exclusives à Google — elles sont tributaires d’une tendance de toute l’industrie à lancer d’abord, retaper ensuite. Google n’en reste pas moins un leader mondial et une entreprise qui n’a jamais hésité à prendre part au débat sur la protection des renseignements personnels. Nous espérons que le message compris dans notre lettre — vos utilisateurs s’attendent à ce que leur vie privée soit respectée — sera entendu par d’autres joueurs.

Le texte complet de la lettre et le communiqué de presse sont disponibles sur notre site Web. En voici quelques extraits :

Toutefois, nous nous inquiétons de voir que trop souvent, le droit à la vie privée des citoyens du monde est laissé de côté alors que Google introduit de nouvelles applications technologiques. Nous avons été troublés par votre lancement récent de l’application de réseautage social Buzz, qui a été fait dans le mépris des normes et des lois fondamentales en matière de protection de la vie privée. En outre, ce n’était la première fois que votre entreprise omettait de tenir compte du respect de la vie privée en lançant de nouveaux services….

Il est inacceptable de lancer un produit qui rende publics des renseignements personnels sans l’accord des intéressés, avec l’intention de régler par la suite les problèmes susceptibles de se poser. La protection de la vie privée ne doit pas être reléguée au second plan dans l’empressement de proposer de nouvelles technologies en ligne aux utilisateurs du monde entier.

Nous avons demandé à Google de nous fournir une réponse, mais nous aimerions aussi savoir ce que vous aussi en pensez. Faites-vous entendre en affichant un commentaire, ou encore en vous joignant à nous par webdiffusion et sur Twitter (#priv2010) lors de notre première consultation pubique jeudi prochain, le 29 avril.


31 mar 2010

Mettez vos connaissances à l’épreuve: Quiz à l’intention des entreprises


Pour les petites entreprises, il peut être difficile de déterminer le meilleur moyen de gérer et de protéger les renseignements personnels. Nous espérons que notre nouveau mini-quiz vous aidera à cerner certains enjeux que les organisations devraient connaître.

Puisque les questions sont choisies au hasard parmi une banque de questions, vous pouvez vous soumettre au quiz à de nombreuses reprises sans qu’il devienne répétitif. Prenez donc le temps de le refaire plusieurs fois!  Les réponses comprennent également des liens vers des documents connexes disponibles sur notre site Web; ainsi, vous pourrez obtenir facilement plus d’information au sujet d’une question en particulier.

Nous espérons mettre à jour le quiz pour tenir compte de nouveaux enjeux à mesure qu’ils surviennent. Et vos commentaires sont les bienvenus — cet outil a été conçu pour vous, alors n’hésitez pas à nous faire part des questions que vous voudriez y voir ajoutées.


28 jan 2010

La géo quoi? la protection des renseignements personnels de localisation


Un récent rapport intitulé Recherche sur la vie privée et l’utilisation de l’information géospatiale explore la mesure dans laquelle la population canadienne est consciente de l’utilisation des données de localisation (ou données géospatiales) et ses préoccupations en matière de protection de la vie privée lors de l’échange de renseignements personnels de localisation.

Le projet de recherche portait sur les préoccupations des Canadiennes et des Canadiens par rapport à la protection de leurs renseignements personnels en général, l’accueil qu’ils réservent à l’échange de renseignements personnels de localisation, leur connaissance et leur utilisation des dispositifs de suivi de l’emplacement, comme les systèmes de localisation GPS, ainsi que sur le sentiment d’aise à l’égard des outils de cartographie en ligne, et de l’utilisation de ces derniers.

Le rapport a été commandé par Ressources naturelles Canada par le truchement du programme Géoconnexions. En voici les grandes lignes

L’étude a révélé que les répondants comprenaient peu la nature des « données géospatiales »; ils avaient de la difficulté à définir des termes tels que « information géoréférencée » ou « renseignements personnels de localisation ».

En règle générale, les répondants se préoccupent de la protection de leurs renseignements personnels (plus de 80 % affirment être « préoccupés » ou « très préoccupés »).

En ce qui a trait à l’échange de renseignements personnels liés à l’emplacement, le niveau de satisfaction dépend principalement de la possibilité d’exercer un contrôle sur les échanges de renseignements et des fins de ces échanges. Les personnes interrogées se disaient plus à l’aise si elles disposaient d’un grand contrôle sur la communication de leurs renseignements et si les raisons de l’échange de leurs renseignements personnels de localisation concernaient le bien collectif, comme le renforcement de la sécurité publique ou l’amélioration des soins de santé.

Qu’est-ce qui met les Canadiennes et les Canadiens mal à l’aise? Ne pas avoir de contrôle sur l’échange de leurs renseignements personnels géoréférencés où lorsque ces mêmes renseignements sont utilisés à des fins économiques ou de marketing ciblé.

Le gouvernement jouit d’un certain soutien pour son rôle dans la réglementation de l’information géospatiale. Par exemple, en ce qui a trait aux déplacements en temps réel d’une personne, 68 % des répondants ont jugé important que le gouvernement du Canada réglemente la collecte et la communication des renseignements personnels géoréférencés. La plupart des répondants (74 %) ont jugé important que le gouvernement du Canada réglemente les images de résidences privées qui apparaissent sur les outils de cartographie en ligne.

À qui les Canadiennes et les Canadiens font-ils confiance pour le traitement de leurs renseignements personnels géoréférencés? Le plus haut niveau de confiance a été accordé aux établissements médicaux (58 %), suivi des gouvernements provinciaux et fédéral (46%). Il est intéressant de noter que les gouvernements provinciaux et fédéral inspirent une plus grande confiance que les gouvernements municipaux (35 %); les tenants du réseau intelligent risquent d’avoir du pain sur la planche.

Et à qui fait-on le moins confiance? Aux sites de réseautage social (6%). C’est plutôt curieux compte tenu de la quantité de renseignements personnels qu’on dévoile volontiers sur ces sites (y compris de plus en plus de renseignements personnels géoréférencés).

La recherche a été complétée à un moment charnière, juste avant l’arrivée de Google Street View au Canada. Avec Street View et l’apparition d’un nombre croissant de nouveaux services novateurs et utilitaires basés sur la localisation — comme ceux qui permettent de retrouver des amis, de faire des recherches dans une région ou qui offrent des guide de restaurants —, il sera intéressant de voir si la protection des renseignements géospatiaux deviendra un enjeu majeur auprès de la population canadienne.


26 jan 2010

Le CPVP lance son programme des contributions


Nous voilà repartis!  Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada vient de lancer pour la 7e année consécutive son Programme des contributions, qui finance des projets de recherche et de sensibilisation du public dans le domaine de la protection des données personnelles.

Nous sommes très fiers du Programme des contributions, notamment parce qu’il est considéré comme l’un des principaux programmes du genre dans le monde.  Depuis 2004, nous avons, par l’entremise du programme, fait avancer le savoir en matière de protection de la vie privée en finançant des projets de recherche d’envergure, tous entrepris par des chercheurs bien de chez nous.  De plus, depuis deux ans, le Programme a permis à des organisations de la société civile de sensibiliser une part toujours grandissante de Canadiens et de Canadiennes en matière de protection des renseignements personnels.

C’est à nouveau 500 000 $ que nous mettons cette année à la disposition des chercheurs et des organisations de la société civile qui souhaitent nous présenter une demande de financement — soit 50 000 $ par projet et 100 000 $ par organisation.  Cette année, nous sommes tout particulièrement intéressés à financer des projets de recherche qui examinent l’incidence de la technologie sur la vie privée, domaine d’actualité s’il en est un!  Aussi, fait important à noter, même si nous préférons financer des projets qui prennent fin pendant l’exercice au cours duquel le financement est accordé — c’est-à-dire pendant l’année financière 2010-2011 — nous sommes également disposés à financer des projets qui se poursuivent au-delà de l’exercice (c.‑à‑d. qui se terminent après le 31 mars 2011).

Alors, voilà!  Si la protection de la vie privée vous intéresse, et si vous sentez que vous avez, soit comme chercheur ou comme organisation de la société civile, une contribution (sans jeux de mots) à apporter, faites une demande de financement.  La date limite pour nous présenter une demande pour l’exercice 2010-2011 est le 26 février 2010.

Pour obtenir de plus amples renseignements, ainsi qu’avoir accès à notre formulaire de demande, allez à l’adresse suivante, sur notre site Web : http://www.priv.gc.ca/resource/cp/p_index_f.cfm#contenttop.


18 jan 2010

Consultations sur la protection de la vie privée des consommateurs


Je le sais. Ça vous ennuie quand je cite seulement des extraits de nos publications plus formelles. Mais dans certains cas, le communiqué et le document d’information traditionnels font une très bonne synthèse des enjeux et de leurs points saillants.

On ” … mène auprès des Canadiennes et des Canadiens des consultations axées sur les enjeux qui, selon lui, représentent les défis actuels et futurs les plus sérieux en matière de protection de la vie privée des consommateurs.

On abordera notamment le suivi, le profilage et le ciblage de consommateurs que les entreprises effectuent en ligne, ainsi que la tendance croissante vers l’informatique dans les nuages.

L’objectif de cette consultation sur les consommateurs est d’en apprendre davantage sur les pratiques de l’industrie en la matière, d’explorer l’incidence de celles‑ci sur la protection de la vie privée et de déterminer quelles sont les attentes des Canadiennes et des Canadiens en ce qui concerne les mécanismes de protection de la vie privée par rapport à ces pratiques. La consultation vise aussi à favoriser les débats sur l’impact de ces avancées technologiques sur la protection de la vie privée et d’éclairer le prochain processus d’examen de la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE).

La pierre angulaire des consultations sera une série de tables rondes d’une journée réunissant divers participants [à Toronto et à Montreal], dont des représentants de l’industrie, du gouvernement, d’associations de consommateurs et de la société civile. Afin de recueillir la plus vaste gamme d’opinions possible en préparation des consultations, nous accueillons les observations écrites du public.”

Plus des details sont disponibles sur notre site web.


24 dec 2009

Passez un joyeux — et sécuritaire — temps des Fêtes


Vos parents et amis ont-ils inscrit des jouets sur leur liste de cadeaux? Un animal en peluche pour un bambin… un téléphone cellulaire pour un ado? De nos jours, ces jouets et gadgets n’ont pas les mêmes limites qu’auparavant. Il n’y a pas si longtemps, les animaux en peluche n’avaient qu’une fonction : les câlins – et un téléphone n’était… qu’un téléphone!  Aujourd’hui, plusieurs animaux en peluche sont munis d’un code grâce auquel les enfants peuvent les enregistrer en ligne – pour jouer à des jeux, les nourrir et en prendre soin, et même clavarder et jouer avec d’autres enfants. Quant aux téléphones  cellulaires, ils regroupent souvent téléphone, ordinateur et caméra, tout en un.

Bien sûr, ces jouets et gadgets sont amusants, mais nous voulons que les gens en profitent sans mettre leurs renseignements personnels ou leur vie privée en danger.

Voici quelques astuces pour que vous et vos proches puissiez protéger votre vie privée tout en profitant des nouveaux jouets et gadgets – à l’intention des parents :

Assurez-vous de bien comprendre les nouveaux jouets et leurs fonctions.  Il est important de comprendre les fonctions des nouveaux jouets et la manière dont les enfants s’en serviront. Discutez avec eux de l’utilisation qu’ils comptent en faire et, lorsque nécessaire, établissez des limites et des directives qui conviendront à tous.

Portez une attention particulière aux paramètres de confidentialité et aux contrôles parentaux. Les paramètres de confidentialité des sites de réseautage social permettent de contrôler ce que les gens peuvent voir à votre sujet. Permettez seulement à vos amis de voir votre page, vos commentaires, vos photos et vos applications. Si les parents se fient aux logiciels de contrôle parental installés sur le bureau, ils doivent se rappeler qu’ils ne seront pas en fonction sur les nouveaux appareils mobiles.

Rappelez-vous qu’avec le sans fil, les enfants peuvent accéder à Internet n’importe où dans la maison. Si leurs nouveaux jouets et gadgets possèdent des propriétés Web, ils pourront s’en servir pour accéder à Internet depuis des endroits ou des réseaux qui échappent à votre supervision et à votre contrôle.

Voici quelques astuces pour que vous et vos proches puissiez protéger votre vie privée tout en profitant des nouveaux jouets et gadgets – pour tous :

Réfléchissez avant de cliquer. L’Internet est une arène publique; les photos et les commentaires qu’on affiche y demeurent en permanence. Même lorsqu’on les supprime des pages Web, ils peuvent continuer d’exister dans des pages d’archives, la mémoire cache de votre ordinateur ou dans l’ordinateur d’autres internautes qui les auraient copiés. Si vous souhaitez que certaines choses restent inaccessibles à certaines personnes – que ce soit aujourd’hui ou dans l’avenir – ne les affichez pas!

Choisissez le mot de passe parfait et protégez-le. La sécurité de vos renseignements dépend de celle de vos mots de passe. Recourez à des mots de passe différents selon les systèmes; assurez-vous qu’ils sont longs (minimum de huit caractères alphanumériques); n’en faites part à personne et modifiez-les régulièrement.

Connaissez vos amis. En ligne, on n’est jamais sûr à 100 % de savoir à qui on s’adresse.  N’acceptez pas de demandes d’amis de gens que vous ne connaissez pas dans la vraie vie.

Protégez votre identité. Le vol d’identité est un problème croissant et l’Internet est le moins privé des espaces. N’affichez pas et ne courriellez pas de détails personnels, comme votre numéro d’assurance sociale, votre numéro de téléphone, votre adresse de résidence ou votre date de naissance.

Soyez prudents sur les sites de jeux vidéo en ligne. Les sites de jeux vidéo en ligne rassemblent une multitude de personnes qui accèdent à des renseignements personnels. Sachez que des personnes mal intentionnées pourraient utiliser les renseignements de votre profil pour ouvrir des comptes à votre nom, ou voler votre identité et s’en servir pour accéder à vos comptes existants.

Méfiez-vous des courriels et des messages instantanés provenant d’inconnus. N’ouvrez pas les messages qui vous paraissent étranges ou qui proviennent de quelqu’un que vous ne connaissez pas. Ils pourraient contenir un virus ou permettre à un pirate informatique d’accéder à votre ordinateur.

Joyeuses Fêtes et profitez bien de vos nouveaux jouets!


29 oct 2009

Comment une pandémie grave peut avoir une incidence sur vos renseignements personnels


Titre :

Comme le Canada est entré officiellement dans la « deuxième vague » de la saison grippale due au H1N1, et vu que le président des États-Unis a proclamé que la grippe pandémique H1N1 était une urgence nationale, les Canadiens envisagent la possibilité que se propage une importante épidémie de grippe. Le sentiment d’inquiétude et d’urgence quant à façon de réagir à cette situation présente des défis intéressants en matière de protection du droit à la vie privée.

Comme quiconque a fait la queue pour se faire vacciner contre la grippe due au H1N1 pourra vous le dire, se préparer aux interruptions possibles dans nos vies quotidiennes, en raison de l’épidémie de grippe, pourrait bien être quelque chose de très nouveau tant pour les organisations que pour les employés et les clients. Les plans de continuité des opérations ne tiennent pas toujours compte de questions importantes en matière de renseignements personnels!

Pour combler ce fossé, nous avons élaboré  des directives destinées aux organismes et une fiche de renseignements pour les employés afin d’expliquer comment les lois relatives au respect de la vie privée s’appliquent au milieu de travail dans le secteur privé en période de pandémie due au H1N1. Cet important travail a été réalisé en consultation avec nos homologues de l’Alberta et de la Colombie-Britannique.

À l’heure actuelle, dans la situation de « non-urgence » qui règne au Canada, il importe de se souvenir que les lois relatives au respect de la vie privée s’appliquent comme à l’habitude. Par exemple, les employeurs ne peuvent recueillir qu’une quantité minimale de renseignements personnels nécessaires pour répondre aux besoins de l’entreprise.

Toutefois, les choses changent lorsqu’il s’agit d’une situation d’urgence. À titre d’exemple, si on déclare qu’une épidémie constitue un danger public exceptionnel, les pouvoirs autorisant à recueillir, à utiliser et à communiquer des renseignements personnels pour protéger la santé publique peuvent être considérables. La législation relative à la protection de la vie privée ne pourrait empêcher l’échange d’information si la grippe due au H1N1 était déclarée pandémie d’urgence.

Ces lignes directrices seront mises à  jour, selon les circonstances.


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