Liens intéressants

Nous avons publié notre politique sur Twitter.  Des commentaires bienvenus.

Consulter les liens précédents
Accueil
26 aoû 2010

Ne crachez pas sans réfléchir


La décision de se soumettre à des tests génétiques est souvent motivée par des raisons personnelles ou par une inquiétude sérieuse d’ordre médical, tels que des antécédents familiaux ou des maladies héréditaires. Traditionnellement, de tels tests étaient effectués dans un cadre médical par des professionnels de la santé, y compris des conseillers en génétique, qui expliquent les enjeux scientifiques et éthiques associés à ces test et aident les patients à interpréter les résultats.

Les test génétiques offerts directement aux consommateurs permettent à ces derniers, moyennant le simple effort d’envoyer par la poste un échantillon biologique, comme de la salive, de faire analyser leur ADN par des entreprises qui leur promettent de les aviser de tout risque relatif à une maladie en particulier.

Certains avancent que ces services offerts directement aux consommateurs facilitent l’accès aux test génétiques et améliorent la confidentialité des résultats, puisqu’ils ne sont pas nécessairement versés aux dossiers de santé officiels. Par contre, la fiabilité et la portée des résultats pourraient ne pas correspondre aux allégations des entreprises. Sur le plan de la protection de la vie privée, faire parvenir des renseignements personnels aussi sensibles qu’un échantillon d’ADN à des compagnies qui, à ce jour, demeurent largement non réglementées entraîne une myriade de risques. En milieu de soins de santé, la confidentialité des renseignements personnels et la sécurité des échantillons sont sujettes à un contrôle rigoureux. Sur Internet, c’est une toute autre histoire. Comment les entreprises assurent-elles la sécurité des échantillons et des résultats des tests ? Les renseignements sont-ils communiqués à des tiers ? Certaines entreprises rendent les renseignements « dépersonnalisés » accessibles à des tiers à des fins de recherche – mais peut-on faire confiance à cette « dépersonnalisation » ? Et qu’arrive-t-il aux renseignements personnels si l’entreprise est vendue ou ferme les portes ?

Récemment,  le débat sur les services génétiques offerts directement aux consommateurs s’est intensifié : aux Etats-Unis, la FDA (Food and Drug Administration) s’est penchée sur la disponibilité croissante de ces services et sur l’éventuelle nécessité de les réglementer. Au Royaume-Uni, la HGC (Human Genetics Commission) vient de publier des directives facultatives à l’intention des entreprises qui offrent ces services, incluant des lignes directrices sur la protection des données et sur le consentement, indiquant que « Le consentement éclairé n’est possible que si le consommateur reçoit suffisamment d’information pertinente sur les tests génétiques pour lui permettre de comprendre les risques, les avantages, les limites et les implications (y compris celles relatives à l’achat de produits d’assurance) associés à ces tests génétiques » [Traduction]. Dans le plus grand intérêt du consentement éclairé, la FTC (Federal Trade Commission) conseille aux consommateurs de consulter la politique de confidentialité des entreprises électroniques pour connaître les utilisations qu’elles prévoient faire des renseignements personnels et pour savoir si elles les transmettent à des spécialistes du marketing.

Au Canada, en 2008, le Conseil général de l’Association médicale canadienne (AMC) a adopté une résolution afin que l’AMC élabore une politique visant à fournir des conseils concernant la mise sur pied d’un système national chargé de la surveillance et de l’organisation des tests génétiques ainsi que de l’accès à ceux-ci. En mai 2010, l’AMC présentait un Cadre de réglementation national des teste génétiques offerts directement aux consommateurs[1] à titre d’outil pour mettre en lumière les enjeux relatifs à ces services.

De plus, dans le cadre d’une récente étude financée par le CPVP, les chercheurs du Health Law Institute de l’Université de l’Alberta ont analysé 32 politiques de confidentialité d’entreprises offrant des test génétiques directement au consommateurs, en les comparant aux principes relatifs à l’équité dans le traitement des renseignements qui sous-tendent la LPRPDE,la loi canadienne en matière de protection de la vie privée régissant le secteur privé. Des 32 sites Web étudiés, moins de la moitié affichaient une politique de confidentialité abordant le traitement des échantillons biologiques et des résultats des tests génétiques.

En guise de conclusion, le rapport présentait une liste de questions relatives à la protection de la vie privée que les consommateurs devraient se poser avant d’acheter des services de dépistage génétique en ligne. « Les consommateurs qui souhaitent obtenir des réponses à leurs questions — en examinant attentivement les politiques de protection sur la vie privée des entreprises et en communiquant directement avec les entreprises — pourront faire un choix plus éclairé quant à l’envoi de leurs renseignements personnels et d’échantillons génétiques à une entreprise. »

Bien sûr, il est tentant de satisfaire à sa curiosité concernant d’éventuels risques en matière de santé — mais les consommateurs doivent être conscients qu’ils pourraient en tirer plus — et moins — que ce à quoi ils s’attendaient.


12 aoû 2010

Badges? Badges? On n’en veut pas de vos badges!


Rabais de fidélité, le pouvoir de recommandation, heureuses rencontres avec des amis et des collègues, badges de reconnaissance et harcèlement criminel. Je crois qu’il s’agit d’un assez bon résumé des commentaires sur la croissance des outils et des services géodépendants.

L’emplacement n’est qu’un des renseignements qui peuvent être obtenus d’un téléphone intelligent, mais il s’agit probablement du plus pertinent pour un mercaticien qui désire envoyer des messages adaptés au contexte du consommateur en déplacement. C’est également une source de données très utile pour le spécialiste des sciences sociales qui tente de mesurer le flux migratoire humain et les progrès socioéconomiques. C’est notamment le cas de Nathan Eagle et de ses recherches sur le bidonville de Kibera à Nairobi, au Kenya.

Entre juin 2008 et juin 2009, Eagle et sa partenaire de recherche ont examiné les appels effectués par des téléphones sans fil au Kenya (l’identité des usagers étant remplacée par une identité hachée unique) afin de cibler les appels qui provenaient ou aboutissaient à Kibera. Durant leur recherche, ils ont suivi entre 53 000 et 74 000 appels par mois pour un total de 18 000 utilisateurs au cours de l’année.

Qu’ont révélé ces données sur les usagers de téléphones sans fil?
[traduction] « Pour chaque appel, nous pouvons déduire un certain nombre de caractéristiques individuelles comme :

  • des données spatiales (d’après l’emplacement de la station cellulaire qui transmettait l’appel);
  • des données économiques (la durée moyenne de chaque appel, le nombre de minutes prépayées sur un téléphone, le type de téléphone);
  • l’affiliation régionale ou tribale d’une personne;
  • le rayon de migration de groupes de personnes (d’après la distance entre les stations cellulaires d’où les appels étaient effectués). »

Une première conclusion de cette recherche est que les Kényans ne restent en moyenne que 1,559 mois dans le bidonville de Kibera. Ce taux élevé de mouvement et de roulement de la population [traduction] « soutient la théorie selon laquelle les bidonvilles agissent comme un filtre et non comme un puits, puisqu’on observe un flux important de la population du bidonville. »

Amy Wesolowski, Nathan Eagle, Parameterizing the Dynamics of Slums,  [en anglais seulement]

Les travaux d’Eagle au Kenya sont la suite d’un projet de recherche initialement mené au MIT, durant lequel on a fourni un téléphone sans fil pour 265 jours à 100 étudiants. Les téléphones étaient équipés d’un logiciel de sondage personnalisé qui enregistrait des données et posait des questions à l’étudiant dans des situations précises.

Quelle quantité de données a-t-on recueillie?

[traduction] « Nous avons recueilli 370 mégaoctets de données brutes, incluant de courts enregistrements de 667 appels, 56 000 déplacements, 10 000 activations de téléphone, 560 000 interactions avec notre logiciel, 29 000 enregistrements d’appareils à proximité et 5 000 messages instantanés. »

Heureusement, du point de vue d’un défenseur de la protection des renseignements personnels, les chercheurs ont dû composer avec (quelques) faiblesses dans leurs ensembles de données – lorsque le participant n’amenait pas son téléphone avec lui, qu’il fermait volontairement son téléphone ou qu’il ne s’en préoccupait tout simplement pas. J’aimerais croire qu’on a consciemment cherché à exercer un contrôle sur la collecte d’informations, mais ce n’était probablement que lié à la fatigue ou à l’étourderie.

Il y avait une différence majeure entre les deux projets : l’engagement actif et la reconnaissance des participants. À Cambridge, les étudiants participants étaient renseignés sur le processus de collecte des données ainsi que sur les renseignements qui seraient recueillis et devaient remplir un formulaire de consentement (.pdf).

M. Raento, A. Oulasvirta, N. Eagle, Smartphones: An Emerging Tool for Social Scientists, Sociological Methods Research 37:3, 426-454.  [en anglais seulement]

Il s’agit d’un facteur important de la collecte de données d’emplacement, particulièrement lorsqu’il est associé à d’autres renseignements personnels : les gens veulent savoir ce qui se passe avec leurs renseignements et veulent avoir un mot à dire quant à leur utilisation.

Un récent examen exhaustif des 89 services de localisation alors existants (peut-on vraiment arriver à les suivre?) par des chercheurs de la Carnegie Mellon University a indiqué que [traduction] « la volonté de faire connaître son emplacement et le niveau de détails communiqués dépend de qui demande ces informations (ou si l’on connaît le demandeur) et du contexte social de la demande ».

Des entrevues supplémentaires ont confirmé que les utilisateurs potentiels avaient en tête des scénarios spécifiques lorsqu’ils évaluaient les avantages et les risques de ces services : des scénarios dont la meilleure solution serait des mesures, des règles et des conditions de protection des renseignements personnels plus détaillées (ceci est expliqué davantage dans le document), comme :

  • des listes noires;
  • des règles « seulement mes amis »;
  • une granularité des contrôles;
  • des règles en fonction des groupes;
  • un état « invisible »;
  • des règles en fonction de l’emplacement;
  • des permissions réseau;
  • des permissions sur demande;
  • des règles en fonction de l’heure;
  • des approbations avec échéance;
  • aucune restriction.

Janice Y. Tsai, Patrick Gage Kelley, Lorrie Faith Cranor, Norman Sadeh, Location-Sharing Technologies: Privacy Risks and Controls [en anglais seulement]

Évidemment, il existe des écarts importants sur la façon dont les renseignements personnels sont protégés lorsque l’information est recueillie et analysée dans le cadre de projets de recherche de grande envergure, de recherches de plus petite envergure ou de services commerciaux en ligne.


6 aoû 2010

Si votre jeans pouvait parler


En vue de contrôler l’inventaire en magasin, Wal-Mart a lancé le 1er août 2010 un programme de suivi de l’inventaire grâce à l’identification par radiofréquence (IRF) des articles. Au tout premier stade de sa mise en œuvre, le système effectue le suivi des jeans, des chaussettes et des sous-vêtements. Les articles sont munis d’une étiquette  d’IRF enlevable qu’on peut lire à distance grâce à un scanneur portatif; les employés sont donc en mesure de savoir en quelques secondes si certaines tailles sont absentes des tablettes et ce qui est disponible en entrepôt. Si le programme est jugé efficace, il sera lancé dans plus de 3 750 magasins Wal-Mart aux États-Unis et englobera un plus grand nombre de produits.

On a souvent documenté les avantages des systèmes d’IRF — permettre aux détaillants de mieux contrôler l’inventaire et de baisser les prix à la consommation, faire des économies dans le système de soins de santé, procurer plus de commodité aux clients (la tasse à café intelligente), et gagner du temps aux consommateurs (avouez que l’idée de pousser son chariot près d’un lecteur d’IRF qui calculera instantanément la facture d’épicerie sans avoir à retirer un seul article du chariot semble tout simplement idyllique!)

Et les systèmes d’IRF continuent de faire leur entrée dans d’autres domaines. Nous avons traité des enjeux relatifs à la protection de la vie privée associés à l’IRF en milieu de travail; l’Université Northern Arizona émet des cartes étudiantes munies de dispositifs d’IRF qui lui permettent de vérifier les présences aux cours magistraux; les systèmes de transport utilisent l’IRF pour faire le suivit de la circulation; nos passeports sont munis de puces d’IRF et nous surveillons nos animaux domestiques grâce à des implants d’IRF.

Si ces systèmes se révèlent souvent très utiles et nous permettent de gagner du temps et de l’argent, ils suscitent toutefois des préoccupations quant à la protection de la vie privée. Bien qu’on puisse retirer les étiquettes d’IRF des articles chez Wal-Mart, ce n’est pas toujours le cas (certaines ont la taille d’un grain de poussière et sont pratiquement invisibles). Les étiquettes d’IRF peuvent être localisées et sont piratables; elles ne sont pas faciles à désactiver et peuvent être lues à distance — elles sont donc susceptibles d’être lues en dehors du système pour lequel elles ont été conçues, à des fins qui n’ont pour limite que l’ingéniosité humaine.

Les étiquettes étant de moins en moins coûteuses et de plus en plus petites, il est fort probable que la portée et l’utilisation de ces systèmes continueront aussi d’évoluer. Le plus inquiétant, c’est que les systèmes d’IRF sont capables d’effectuer le suivi de personnes, et pourraient le faire à leur insu et sans leur consentement. Voici ce qu’on peut lire dans un article récent :

« Les applications géodépendantes sont plutôt inquiétantes; leur système GPS procure une grande portée. Mais, règle générale, il faut y souscrire. L’IRF s’immisce partout autour de nous… elle permet de faire le suivi des enfants et des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer… de même que des vêtements, achats, voitures — même de nous. Éventuellement, nous serons sous surveillance via l’IRF, du berceau à la tombe ». [Traduction]

 Tandis que nous, ainsi que des représentants d’autres juridictions, continuons de nous mesurer aux enjeux relatifs à l’IRF et à la protection de la vie privée, les applications des systèmes d’IRF se multiplient, illustrant la fascinante convergence des nouvelles technologies et de la créativité humaine.


22 jul 2010

Twitter à Calgary


Le 21 juin 2010, le Commissariat à la protection de la vie privée  était l’hôte d’un troisième événement de l’année dans le cadre des Consultations sur la protection de la vie privée des consommateurs. Cette consultation, qui se tenait à Calgary, portait principalement sur l’incidence de l’informatique dans les nuages sur la protection de la vie privée.  Grâce à la participation d’un vaste éventail de spécialistes de l’industrie et d’éminents invités, l’événement s’est révélé un vif succès.

L’extraordinaire engagement en ligne des citoyens, que ce soit à l’événement même ou ailleurs, a grandement contribué à ce succès. Les participants avaient la possibilité de poser des questions , de faire part de leurs connaissances ou de s’entretenir avec les spécialistes via Twitter. Des centaines de messages ont ainsi été transmis au cours de la journée, formant un canal d’appui fascinant qui a enrichi les interactions en direct de la consultation elle-même.

Vous avez raté cet événement? Jeter un coup d’œil aux échanges sur Twitter :

Calgary Consumer Privacy Consultation


21 jul 2010

Vous êtes ici!


Savez-vous comment sont utilisées vos données de localisation? Dans le cadre d’un récent sondage commandé par Webroot, une entreprise de sécurité, 1 645 réseauteurs sociaux des États-Unis et du Royaume-Uni possédant un appareil mobile muni d’un dispositif de localisation ont été questionnés sur leur utilisation de services et d’outils géodépendants. Trente-neuf pour cent des répondants ont indiqué recourir au système de géolocalisation de leur appareil mobile et plus de la moitié d’entre eux (55 pour cent) se disent inquiets qu’on porte atteinte à leur vie privée.

Quelques préoccupations relatives à la sécurité et à la protection de la vie privée : 49 pour cent des femmes (contre 32 pour cent des hommes) sont très inquiètes à l’idée qu’un harceleur criminel sache où elles se trouvent, et près de la moitié (45 pour cent) des répondants sont très inquiets à l’idée qu’un cambrioleur sache quand ils s’absentent de la maison (un risque véritable, comme l’a si bien souligné Pleaserobme.com).

La popularité croissante des outils et services de géolocalisation (y compris ceux offerts par les géants de l’industrie, comme Twitter, Apple, Facebook et Google), signifie que la collecte de données de localisation se déroule à une échelle colossale, et on commence à peine à découvrir toutes les utilisations possibles de cette information — des photos prises d’un iPhone, marquées de coordonnées GPS aux plateformes de jeux géodépendantes telles que  Scvngr, qui permettent aux utilisateurs d’appareils mobiles de créer leurs propres jeux géolocalisés.

L’accroissement de la collecte et de l’utilisation de données de localisation entraîne des risques particuliers pour les utilisateurs. Selon le résumé du sondage, un nombre surprenant de répondants se sont adonnés à certains comportements, comme échanger des données de localisation avec des personnes autres que leurs ami(e)s, une pratique à risque pour eux-mêmes et pour la protection de leur vie privée. Récemment, une blogueuse a traité d’une mésaventure liée à l’échange de données de localisation, et il y a quelques semaines, Foursquare a été réprouvé pour fuite involontaire de données par le truchement de leur populaire service géodépendant.

Nous avons récemment soumis nos observations à Industrie Canada dans le cadre de la consultation sur la Stratégie sur l’économie numérique. Nous faisions valoir que de bonnes pratiques en matière de protection de la vie privée peuvent soutenir l’innovation en renforçant chez les utilisateurs l’idée qu’ils ont le droit de contrôler leurs renseignements personnels et que la technologie qu’ils utilisent est sécuritaire. Quand il est question de données de localisation, les préoccupations usuelles abondent et ce, chaque fois qu’un nouveau service fait son apparition sur le marché. Nous employons une grande part de notre temps à conscientiser les  consommateurs aux risques. Si on tenait compte des préoccupations relatives à la protection de la vie privée et aux données de localisation à l’étape de conception des nouveaux services, les entreprises seraient plus en mesure d’éviter de rectifier le tir a posteriori, une situation souvent coûteuse au plan financier et pour la réputation de l’entreprise. D’ailleurs, les entreprises qui se soucient de la protection de la vie privée se dotent d’un avantage concurrentiel considérable.


9 jul 2010

Vie privée, confiance et innovation – observations présentées dans le cadre de la consultation sur la Stratégie sur l’économie numérique


Nous venons de soumettre nos observations dans le cadre de la consultation sur la Stratégie sur l’économie numérique du Canada. Elles sont disponibles en ligne ici.

Nous faisons valoir que la protection de la vie privée n’est pas un frein à l’innovation. Au contraire, nous croyons que le respect de la vie privée peut soutenir l’innovation en renforçant chez les utilisateurs l’idée qu’ils ont le droit de contrôler leurs renseignements personnels et que la technologie qu’ils utilisent est sécuritaire. Trop souvent, on laisse le respect de la vie privée de côté pendant la conception de produits; réparer les choses après coup peut être dispendieux. Nous recommandons que la protection des renseignements personnels devienne une partie intégrante des modèles opérationnels qui s’appuient sur la technologie. Nous voulons voir une culture de la protection de la vie privée qui complémente l’avantage numérique du Canada et, dans nos observations, nous recommandons au gouvernement fédéral certaines mesures qui pourraient contribuer à cette culture.

Nous recommandons d’abord de renforcir les mesures de protection des renseignements personnels au sein du gouvernement fédéral. Nous avons déjà parlé du besoin de réformer la Loi sur la protection des renseignements personnels. Nous croyons que le gouvernement fédéral peut en faire encore plus en étant un utilisateur modèle de la technologie — par exemple, nous aimerions que les évaluations des facteurs relatifs à la vie privée (EFVP) deviennent obligatoires dans le cadre des mémoires au Cabinet en vue d’approuver les programmes. Nous aimerions aussi voir le gouvernement fédéral utiliser des technologies d’authentification et de protection à la fine pointe. D’autres pays l’envisagent déjà, notamment les États-Unis, où l’on se penche sur la manière dont les produits et normes à source libre peuvent servir à vérifier l’identité.

La consultation sur l’économie numérique aborde l’importance des compétences numériques. De plus en plus, on considère la culture de la protection de la vie privée et la gestion de la réputation en ligne comme faisant partie de l’ensemble de compétences de la citoyenneté numérique nécessaires au succès dans l’économie numérique. À cette fin, nous recommandons de faire de la culture de la protection de la vie privée une partie intégrante de la citoyenneté numérique et nous souhaitons que le gouvernement finance des travaux de recherche à l’appui des programmes de citoyenneté numérique.

Nous recommandons également de fournir des outils aux petites et moyennes entreprises (PME) — et en particulier les PME innovatrices sur le plan de la technologie — pour les aider à mieux comprendre le droit à la vie privée afin qu’elles tiennent compte de ce droit au moment de concevoir de nouveaux produits et de l’intégrer dans la version offerte aux consommateurs.

Et finalement, nous aimerions que le gouvernement finance des travaux de recherche-développement « positifs » sur le plan de la vie privée — par exemple, des technologies de réseaux et de sécurité qui incluent des mesures de protection de la vie privée.

Comme il ne reste que quelques jours, nous vous encourageons à lire nos observations et celles des autres, et de faire part de vos commentaires.


30 jui 2010

Réunion pour renouveler viepriveedesjeunes.ca


Au cas où vous ne le sauriez pas déjà, nous entreprenons le renouvellement concerté du site Web viepriveedesjeunes.ca. Nous invitons les personnes travaillant tant à l’intérieur du gouvernement qu’à l’extérieur de celui ci à contribuer au projet, et la première réunion à cet égard aura lieu dans quelques jours. Notre première réunion portera principalement sur le contenu du site Web : nous discuterons des éléments qui devraient figurer sur le site viepriveedesjeunes.ca, nous poserons des questions sur la façon d’adapter son contenu afin de mieux servir le public, et nous ferons un remue méninges préliminaire sur la façon de présenter ce contenu.

Si vous êtes un expert en matière de contenu ou avez des idées à partager, nous vous invitons à assister à notre première réunion sur le renouvellement du site viepriveedesjeunes.ca, le 7 juillet, à 10 h 30. Si vous souhaitez y participer, veuillez communiquer avec nous dès aujourd’hui! Si vous ne pouvez pas y assister en personne, il sera possible de participer par téléconférence.

Si vous souhaitez nous aider en ce qui a trait à la convivialité du site ou aux aspects plus techniques du renouvellement, ou si vous connaissez quelqu’un qui pourrait être intéressé par cette initiative de collaboration interministérielle, de plus amples renseignements vous seront transmis à cet égard, car nous voudrons vous rencontrer bientôt!

Date, heure et lieu de la réunion :
Le mercredi 7 juillet 2010,
de 10 h 30 à 11 h 30,
112, rue Kent, bureau 300
Ottawa (Ontario)


18 jui 2010

« girl chewing gum »



Le mois dernier, je vous ai fait part d’une scène de rue tournée à San Francisco dans les premières années du 20e siècle. Dans ce billet, j’ai fait allusion au fait que ce film représentait l’une des premières manifestations de la surveillance publique et souligné comment les personnes saisies sur la pellicule avaient détourné le processus en agissant soit de manière exhibitionniste ou soit de manière à protéger leur vie privée.

« girl chewing gum » est une œuvre comparable — un film en boucle d’une rue citadine, en 1976, dans un coin plutôt inintéressant de l’est de Londres.

Cette fois-ci, c’est une trame sonore qui a été superposée pour donner l’impression que les passants reçoivent des directives de la part du metteur en scène apparent, John Smith.

Le faux-semblant se dissipe à mesure que le film avance, mais il nous rappelle que n’importe quel film est sujet à interprétation et à mésinterprétation. Le regard du spectateur est naturellement informé par son expérience personnelle, les classes sociales que laissent supposer les vêtements et la démarche, les préjugés socioéconomiques et quoi d’autre encore.

Manifestement, la capacité du metteur en scène d’anticiper le comportement d’un passant est restreint par sa portée visuelle, et ses directives sont influencées par sa capacité de rebobiner et de visionner la bande à nouveau.

Quoi qu’il en soit, ce film représente des tranches mises à nu du quotidien de chaque passant, sans connaître ses pensées, ce qui l’a amené à déambuler dans Stamford Road ou sa destination éventuelle.

Merci à Joe Moran de nous avoir fait part de la disponibilité en ligne de ce film.


16 jui 2010

Renouveler viepriveedesjeunes.ca


Il y a deux ans, nous avons lancé viepriveedesjeunes.ca pour favoriser l’engagement populaire en faveur de la vie privée numérique des jeunes.

Quand nous avons lancé viepriveedesjeunes.ca, Twitter comptait environ 500 000 utilisateurs, Google allait peut-être se lancer dans le marché des téléphones mobiles, et l’idée de gérer son empreinte numérique commençait à prendre de l’ampleur.

Les choses ont bien changé au cours des 24 derniers mois : c’est le moins qu’on puisse dire.

Nous voulons renouveler le site pour améliorer la présentation du contenu, nouveau ou déjà existant, et de mettre en valeur les ressources et les travaux qui existent ailleurs sur le même sujet. Nous voulons également que le processus de refonte du site Web soit ouvert et transparent. Nous estimons qu’il existe une communauté beaucoup plus vaste de fonctionnaires et de citoyens qui ont l’expérience, les connaissances et les compétences nécessaires pour rendre cet exercice utile et très collaboratif.

Après tout, pourquoi établir des communautés de pratique si nous continuons à travailler chacun de son côté, à l’intérieur des murs de son ministère?

Nous faisons appel à la contribution de personnes intéressées qui auraient l’expertise nécessaire, tant à l’intérieur du gouvernement (en particulier les communautés de pratique #w2p et #ux, et ceux qui auraient l’expérience de joindre les jeunes et de mener des activités d’éducation du public et de marketing social) qu’à l’extérieur du gouvernement (secteur sans but lucratif, enseignants, bibliothécaires, les jeunes eux-mêmes).

L’essentiel du processus aura lieu sur GCpedia pour faciliter la contribution des fonctionnaires du gouvernement du Canada. Les personnes de l’extérieur du gouvernement sans accès à GCpedia seront mises à jour sur cette page — vos idées sur la manière dont nous pourrions favoriser la collaboration de la communauté externe sont les bienvenues; vous pouvez les laisser dans les commentaires ou communiquer avec nous directement.

Consulter la page wiki sur GCpedia ou cette page-ci pour obtenir davantage d’information. Faites-nous signe si vous acceptez de nous donner un coup de main.

Et je vous laisse avec une pensée : « Il est toujours plus facile d’apprivoiser une idée sauvage que de ravigoter une idée flétrie. »


31 may 2010

Notre webdiffusion de Montréal


Si vous suivez nos Consultations publiques sur la vie privée des consommateurs, vous savez que nous avons terminé les deux séries de tables rondes sur le suivi en ligne et que nous nous apprêtons à aborder l’informatique dans les nuages le mois prochain, à Calgary.

Et si vous suiviez l’événement de Montréal via la webdiffusion, vous avez sans doute remarqué une interruption de service pendant la table ronde sur l’identité et la réputation en ligne, ce qui vous aura fait rater quelques mots d’ouverture des panélistes Amy Buckland, Manon Arcand et Janic Tremblay.

Une collègue vite sur ses patins a réussi à capturer certains des commentaires sur son iPod (!). Nous avons affiché la vidéo en question sur notre chaîne YouTube. Puisque l’audio provient des hauts parleurs dans la salle, la traduction simultanée n’est pas disponible, mais nous vous proposons un résumé en anglais de ce qui a été enregistré en français.

La version archivée de la webdiffusion de Montréal est maintenant disponible. La webdiffusion archivée de l’événement de Toronto est déjà disponible — jetez y un coup d’œil si ce n’est déjà fait. Je vous invite également à lire la conversation qui s’est déroulée jusqu’à maintenant sur Twitter au sujet des Consultations — vous la retrouverez par le hashtag #priv2010; les archives complètes sont disponibles ici et  ici.  De voir une discussion si dynamique nous fait vraiment plaisir et nous espérons qu’elle se poursuivra sur cette lancée.


Haut de Page
Haut de Page